Ce que ton brouillon dit de toi (et c'est beau)

Vous lisez la Soupape créative du Mocko ! Chaque vendredi, on ouvre la soupape pour relâcher la pression, faire circuler les idées et l’inspiration !

Hello !

J’espère que cette nouvelle soupape te trouve en pleine forme.

De mon côté, j’ai corrigé quelques petits bugs survenus la semaine dernière et je continue mon installation sur Mocko.fr . J’ai ouvert les commentaires sous les Soupapes, j’ai également installé et activé la « petite cloche » des notifications.

chien saucisse demande une friandise

J’ai eu la sensation de publier un truc pas vraiment fini, pas « parfait » et presque un peu brouillon… et cela tombe bien car c’est mon sujet de cette semaine !

Le brouillon, essence de ta créativité

Le brouillon, on le cache. Il est intime et désordonné. Il ne faut surtout pas le montrer car il dit trop de choses de nous. Il est la signature de nos failles. Les mots sont bruts de décoffrage, les traits aléatoires. Il navigue à vue, dans le flou. Il est « sale » et imparfait.

Pourtant, le brouillon trace ton chemin et indique la direction. Ce qui n’était qu’une simple idée devient d’un seul coup concret, dans la matière.

Le brouillon sale - Allégorie

« Ça fait brouillon. »

Le brouillon, cette insulte, signature d’amateurisme – ou pire – du manque de talent.

« Comment ça ? Tu ne réussis pas tout du premier coup ? »

Le brouillon et le mythe de la réussite du premier coup

Alors, tu es plutôt team premier jet ? Ou tu collectionnes les V-FINALE (14).pdf ?

De mon côté, cela dépend surtout du degré de maturation de l’idée dans ma tête et de mon « entrainement » à la tâche en question.

chaudron avec idées brassées dedans


Les gens qui « réussissent » un dessin du premier coup ne tiennent pas un crayon pour la première fois de leur vie. Il y a souvent de nombreux travaux préparatoires avant. Et encore une fois, la question de la réussite est vraiment subjective.

La manière dont tu crées ton brouillon parle aussi de toi : tu le fais de manière linéaire, par morceaux ou avec des dessins ou des notes vocales ?

Par exemple, écrire une Soupape me prend environ 3 h, sans compter l’enregistrement.

Aujourd’hui, j’ai des automatismes :

– Je fais un mindmap du sujet que je laisse infuser plusieurs jours (la fameuse créativité silencieuse).

– J’écris tôt le matin avec un casque anti-bruit ou cette playlist de musique binaurale dans les oreilles (un peu comme l’ASMR, ce type de son me met focus et cela crée un conditionnement mental : je lance la playlist, c’est le moment d’écrire !).

– Ensuite, sur Obsidian (car je travaille hors-ligne), je transforme en titre les parties de ma mindmap que je souhaite garder et que je développe après.

– Même si je ne sais pas par quel bout prendre le sujet, j’écris, je déroule ma pensée et je trie ensuite. J’ai arrêté de vouloir « bien » écrire. J’écris. Point.

Le brouillon n’est pas une version ratée de ton résultat final, c’est ton terrain de jeu. C’est aussi un « instantané » de ton processus créatif.

Il n’y a pas de bonne façon de faire un brouillon, plus efficace ou que sais-je. C’est avant tout TOI, qui TE connais le mieux. Je ne te dis pas de ne rien tester comme technique de productivité. Mais ne réinvente pas la roue. Tu n’as pas besoin de faire comme tout le monde si ton bordel créatif fonctionne.

Le brouillon DOIT être moche (oui j’ose l’injonction, tavu),

Il te libère de perfectionnisme et du jugement des autres.

Eh ouais, c’est en voulant un brouillon déjà parfait que tu te retrouves en paralysie créative. Rien ne sort. Alors prends cette foutue feuille, ouvre ce putain de fichier et vas-y ! FAIS UN TRUC BIEN BIEN MOCHE ! (oui, après l’injonction, je donne des ordres.)

La mise au propre

chat qui joue dans l'eau de la vaisselle

Qui dit brouillon dit passer à la mise au propre, mais que garder de son brouillon ?

1. Ce qui s’aligne avec tes attentes sur la réalisation
On a toutes et tous – normalement – une idée assez précise de ce que l’on souhaite comme résultat final. Si mon objectif est clair, j’épure et je garde en conséquence.

“La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. »

Antoine de Saint Exupéry

2. Ce qui résonne
Quand je suis sur mon brouillon, parfois j’ai des sortes de déclics : j’aime une tournure, un mot, une courbe… et c’est CE contenu que je garde absolument.

3. Dernière étape : je travaille la forme.
Je corrige et je donne une unité au rendu final.

‼️ Quand je parle de correction, je ne parle pas d’avoir un résultat lisse et aseptisé. La motivation à améliorer votre brouillon ne devrait pas être basée sur l’autocensure ou sur un perfectionnisme interminable alimenté par une forme de peur du jugement sur « ce que vous allez montrer au monde ».

Alors, on se lâche la grappe et on relativise !

La reco du Mocko : L'éloge de la rature

Rature ou blanco ? Marqueur indélébile (wow, j’ai presque une sueur froide) ou crayon ?

Lors de mes recherches sur la thématique du brouillon, je suis arrivée sur cette chronique qui présente le documentaire « L’éloge de la rature » (à mon grand désarroi, il n’est plus dispo). Néanmoins, nous découvrons dans ce podcast, par exemple, le métier de généticien du texte, qui analyse le processus de création des grandes œuvres littéraires grâce à leurs brouillons.

 « À l’abbaye d’Ardenne, près de Caen, se trouve une malle au trésor précieusement conservée. À l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine, l’IMEC, sont conservés les brouillons de grandes œuvres littéraires. »

Et toi, es-tu leucosélophobe ? Tu ne sais pas ce que c’est ? La réponse dans la chronique !

En bref, réconcilie-toi avec tes brouillons

Alors je ne te dis pas d’envoyer tes manuscrits à l’IMEC, mais pourquoi ne pas les garder comme trace de ton processus ? Pour ces jours où tu as l’impression que tu n’avances pas ?

Le Défi créatif de la semaine

Chaque semaine , je vous propose un mini défi pour sortir de la routine et stimuler la créativité.

Défi : le Brouillon museum

Si tu as, prends un vieux brouillon et deviens toi aussi « généticien du processus de création ». Compare-le à ta version finale, qu’as-tu jeté ? Pourquoi ? Et qu’as-tu gardé ?

Qu’en penses-tu aujourd’hui ?

La prochaine fois que tu crées quelque chose (post, article, dessin, idée de projet), garde ton premier brouillon. Ne le jette pas. Ne le supprime pas. Archive-le quelque part avec tes premières versions ratées et tes essais abandonnés.

Dans 3 mois, refais cet exercice. Que remarques-tu ?

Costume de dino qui court dans un musée

J’espère que maintenant, tu es fièr·e de tes brouillons et de ce qu’ils racontent !

D’ailleurs, j’ai repensé à ce fameux petit cahier que nous sommes nombreuses et nombreux à avoir connu ! Je vais sans doute remettre le « cahier de brouillon » au goût du jour et, sans avoir désormais, l’impression de gâcher du papier !

Et toi, adepte du cahier de brouillon ?

Je dissèque le processus créatif. Experte en lâchage de grappe. Influenceuse GIF (auto-proclamée)

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