Focus (ou quand j’ai arrêté de me disperser)

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Nadine M.

Vous lisez la Soupape créative du Mocko ! Chaque vendredi, on ouvre la soupape pour relâcher la pression, faire circuler les idées et l’inspiration !

Hello !

J’espère que tu vas bien ! De mon côté tout roule !

En ce moment, j’ai 2 autres podcasts dans les tuyaux, la Soupape, un récap’ mensuel « Le Court Brouillon » et, je dois absolument développer mon offre et la communication autour de tout ce qui compose le Mocko… LA MOCKO GALAXY

J’ai envie de te parler cette semaine d’une expérimentation que je fais depuis 2 semaines au niveau organisationnel.

Comme tu le sais, le mantra de la Soupape, c’est le lâchage de grappe. Pour moi le Graal, c’est réussir à être créative ET productive SANS me foutre une pression de malade (et mettre le doigt dans l’engrenage toxique qui suit).

Bon, je t’arrête tout de suite, je n’ai pas trouvé LA méthode miracle qui règle tout. Mais j’ai eu une série de déclics qui ont commencé à transformer ma manière de bosser. Et aujourd’hui, j’ai envie de te partager ça !

Temps de lecture : 7 minutes


L’enfer de la dispersion

J’ai un problème que je traîne depuis toujours : la dispersion.

Eh oui, j’ai toujours TROP d’idées (j’ai pas dit bonnes, hein, on se calme) et je veux TOUT faire. Évidemment La suite logique est sans appel : je me disperse.

C’est aussi sans doute de là qu’est née mon obsession pour la « productivité » afin de permettre à un max de mes idées et envies d’exister. En me dispersant le moins possible…

En septembre, j’étais tombée, au hasard des algorithmes, sur une vidéo YouTube de Fabien Olicard qui traitait de la productivité pour la rentrée.

Un de ses conseils ? Trois tâches par jour :

  • Une tâche à impact : celle qui transforme vraiment ma vie ou ma carrière, celle qui fait avancer les projets de fond.
  • Une tâche urgente :avec une deadline et des conséquences si tu ne la fais pas.
  • Une tâche facile :pour terminer sa journée sur quelque chose de satisfaisant et éviter la frustration.

J’ai noté cela et j’ai commencé à essayer de trier mes tâches… la galère. Des fois j’ai l’impression que c’est une tâche facile et ça me prend 2 h et j’ai trop de mal à faire la tâche à impact avant les urgences…

Trois tâches, c’est gérable. Mais encore, il faut bien les choisir…

Cependant, cela m’a fait réaliser un truc : si j’avais l’impression de « brasser de l’air », le problème n’était pas que je n’en faisais pas assez. Le problème, c’est que je faisais trop de trucs qui n’avaient pas d’impact réel.



Le tableau blanc anti-« fuite de temps »

Tout a commencé, il y a deux semaines, lors d’un webinaire sur le sujet de la gestion du temps.

J’ai déjà un espace Notion — aka Le joyeux bordel — complètement désordonné, rempli de templates téléchargés ça et là, censés révolutionner mon organisation et… totalement inutilisés.

Bref, je me dis que je ne vais rien apprendre de bien neuf, mais je me connecte quand même.

Au programme : la matrice d’Eisenhower, la méthode Scrum, le système Kanban… Des techniques que je connaissais déjà… mais pas que !

Puis quelqu’un a posé LA question au formateur : « Mais toi, concrètement, tu utilises quel outil ? »

Sa réponse : un tableau physique avec des post-it. Rien de numérique. Un vrai tableau, accroché au mur, qu’il a sous les yeux en permanence.

Wow, on est sur un truc innovant de fou… haha…

« J’ai la tête devant un écran toute la journée, ça me fait du bien et c’est très satisfaisant de déplacer ses post-its et de voir la colonne « fini » remplie en fin de semaine. »

Ah ! Là ça résonne en moi ! J’ai aussi envie de sortir la tête de mes écrans et j’ai bien envie d’un truc plus visuel et « satisfaisant » qu’une case à cocher. SA-TIS-FAI-SANT (non mais moi aussi j’en veux quoi !)

J’ai ressorti un vieux tableau qui traînait depuis des années sous mon bureau et j’ai créé mes colonnes :

À faire | En cours | Urgent | Fini

OK, la meuf vous propose le truc le plus simple au monde.

Mais pour moi, le détail qui a tout changé : pas plus de deux post-it dans les colonnes « En cours » et « Urgent ».

Deux. Maximum. Eh ben je vous le dis, on priorise autrement !

J’ai supprimé l’intégralité de ma To do list pour repartir de zéro. Alors, c’est bête mais ça m’a fait un bien fou ! Bye bye la charge mentale !!

Deux tâches en cours, point. Si je veux en démarrer une nouvelle, je dois d’abord en finir une.

Ça force la priorisation. La vraie. Celle qui oblige à choisir : qu’est-ce qui compte VRAIMENT maintenant ?

Et vous savez quoi ? Ben c’est le truc le plus simple du monde mais ça a ENFIN marché sur moi. Parce que quand je regarde ce tableau tous les matins, je ne peux pas mentir ou chercher des excuses. Je vois exactement ce qui est en cours, ce qui traîne, ce qui avance. Pas de « fuite de temps » possible.


L’expérience sans écran : redécouvrir le pouvoir de l’attention

Trop fière avec mon super tableau — qui au passage prend une place monstre dans mon bureau —j’ai voulu pousser l’expérience encore plus loin.

J’ai testé une journée complète sans écran. Téléphone dans une autre pièce, ordinateur fermé. Juste mon carnet, des post-it, et des feutres.

Quand j’avais besoin de chercher quelque chose sur Internet, je notais la requête sur papier. Je regardais plus tard.

Le résultat ? EFFICACE

Pas de notifications. Pas de « juste un coup d’œil rapide » aux réseaux sociaux qui se transforme en 45 minutes perdues.

Juste moi, mes idées, et du temps pour les développer.

Cette expérience m’a fait réaliser quelque chose de fondamental : l’attention est quelque chose de très précieux. Et on est continuellement en train de se la faire bouffer.

Chaque notification, chaque « vite fait je regarde mes mails »… tout ça fragmente notre attention. Et au final, on passe notre journée à switcher entre des tâches sans jamais vraiment se plonger dans une.

Maintenant, j’envisage sérieusement de prolonger cette approche pendant une semaine entière durant mes phases de « Construction ». Une semaine à noter touuuut sur papier : construction, stratégie, et surtout identifier précisément où et quand j’ai réellement besoin d’Internet.

Parce que finalement, Internet n’est pas forcément indispensable tout le temps. On croit en avoir besoin, mais c’est surtout un réflexe ET une distraction déguisée en outil de travail. (Et avec l’IA, j’en parle même pas !)


Ce que je retiens : énergie > temps

Si je devais résumer tout ce parcours en une seule idée, ce serait celle-ci :

Il vaut mieux réfléchir en termes d’énergie qu’en termes de temps.

J’avais l’habitude de parler de « jauge d’énergie » plutôt que de « jauge de temps » dans mes anciennes éditions de La Soupape créative. Cette idée n’a jamais été aussi vraie qu’aujourd’hui.

Toutes les heures ne se valent pas. Une heure quand on est disponible, téléphone éteint, avec deux tâches claires en tête vaut facilement trois heures en multitâches, avec WhatsApp/Teams/Slack ouvert et la fatigue qui s’accumule.

On passe notre temps à essayer d’optimiser nos journées, à chercher LA technique de productivité (bon, c’est peut-être que moi… mais je ne pense pas !). Mais on oublie l’essentiel : on n’a pas une quantité infinie d’énergie. Et c’est cette énergie qui détermine la qualité de notre travail, pas le nombre d’heures passées devant l’écran.

C’est ça, la vraie productivité. Pas faire plus mais faire mieux. Avec l’énergie qu’on a de disponible. Et accepter de laisser le reste de côté.

Et toi ? Où mets-tu ton énergie en ce moment ?


Défi 1 : Œuf ou kiwi ?

Lorsque l’on est interrompu, notre cerveau mettrait environ 23 minutes pour retrouver sa capacité de concentration après avoir été interrompu. C’est ce qu’on appelle « le coût de changement de contexte ».

Sur une page de ton carnet, dessine un œuf.

Fais un trait à l’intérieur dès que tu es interrompu·e.

S’il se met à ressembler à un kiwi en fin de journée, c’est mauvais signe !

L’idée n’est pas de rattraper le temps perdu mais plutôt de tracker et de te rendre compte des moments où tu es le plus et le moins dérangé·e.

Je vais terminer par une phrase extrêmement profonde : « Mieux vaut 100 % sur 1 projet que 10 projets à 10% ».

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