Hello ! J’espère que tu vas bien… Enfin mieux que moi… Je sors d’une crève/une extinction de voix/une bronchite de l’espace. Si jamais tu écoutes l’audio, excuse-moi car je suis un peu en apnée, mais bon, au moins il est publié !

Dans cet épisode, j’ai décidé de te parler de cette foutue productivité, notion «universelle » ou « subjective » ?
Qui décide et pourquoi ? Comment ? Que veut dire produire en termes de créativité ? Productif par rapport à qui ou à quoi ?
Si tu as toujours l’impression de ne jamais en faire assez, pose-toi là et on en discute !
Productivité VS Performance
Mon défi déconnexion m’a fait me sentir plus productive. J’ai eu le sentiment de vraiment avancer en 30 jours. Plus de focus et moins de dispersion.
Puis j’ai pris mes to-do lists… et je me suis rendu compte que finalement je n’étais pas tant à la ramasse que ça. Certes je m’étais dispersée, je ne mettais pas le focus au bon endroit, mais je ne faisais pas RIEN.
Cela m’a fait questionner mon rapport à la productivité et surtout la vision que j’en avais. Productive par rapport à quoi et surtout par rapport à qui ? À moi ? Pas sûre…
Cela fait déjà quelques mois que je note 3 tâches par jour, pas plus (une à impact, une urgente et une facile). Donc d’où vient cette sensation désagréable, d’être parfois complètement à la rue ?
Je pense qu’avant de parler productivité, il faut parler de performance, ce n’est pas juste le fait de créer, c’est celui de créer plus. Toujours plus.
La productivité est un concept beaucoup plus subjectif qu’on ne le pense…
Productivité « universelle » : non.
On agit souvent comme si elle était « universelle », identique pour toutes et tous. Et ce n’est pas la seule notion à ne pas l’être en réalité. Je suis actuellement une formation (j’aurai peut être l’occasion d’en reparler par ici) et l’un des formateur a mentionné celle de « réactivité » — tiens, encore un truc lié à la gestion du temps — qui diffère en fonction des corps de métier. Quand certains, par exemple, sont réactifs en répondant sous 24 h à votre mail, pour d’autres il s’agira de la semaine voire de la quinzaine.

Ok, et si c’était pareil pour la productivité ?
Alors non, je ne vais pas te partager la matrice d’Eisenhower…
On imagine qu’être productif, c’est cocher un maximum de cases sur une to-do list, produire vite, produire beaucoup… et surtout, de manière visible.
Combien de fois j’ai entendu des proches confondre « je ne crée pas grand-chose en ce moment » avec « je n’ai rien à montrer en ce moment ». Eh ouais.
Aujourd’hui, la productivité se montre. Mais attention, il faut que ce soit fini ! Pas de brouillons !
Mais si on gratte un peu, cette définition repose sur quelque chose de très simple :
Ce qui est visible est valorisé et ce qui ne se voit pas… disparaît ou tout simplement n’existe pas. L’ENFER.
C’est aussi pour ça que la productivité est souvent mesurée en chiffres.
Ils donnent l’impression de maîtriser le bouzin. Avouons-le, aujourd’hui, tout se mesure à coup de KPI (Key Performance Indicator), les indicateurs clés.

C’est plus facile de compter les KPI que d’évaluer la profondeur d’un propos ou même l’impact réel de ce qu’on crée sur les gens. J’aurai même tendance à les renommer « Key Pressure Indicator ».
Mais quand on est créatif•ve, est-ce que produire beaucoup veut vraiment dire avancer ? Ce n’est pas forcément une question de volume, non ?
Il n’y a pas de KPI pour mesurer l’inspiration, le nombre d’idées à la minute (OUF !)
Ben oui, la créativité ne fonctionne pas de manière linéaire et prédictible et, elle dépend de qu’on oublie souvent : notre niveau d’énergie et notre état émotionnel.
Combien de créatifs passent aussi plus de temps à produire du contenu pour les réseaux (avec un retour sur investissement pas terrible) plutôt que de faire ce pourquoi ils et elles se lèvent chaque matin ?
Trop de pression = pas de disponibilité mentale.
On ne crée pas de la même manière quand on est fatigué, dispersé ou saturé.
Parfois, le geste le plus « productif »… c’est de ne rien faire.
Mais ça, c’est difficile à accepter dans une société qui valorise le « toujours plus ». On a hérité du fameux 9 h-17 h — qui suppose qu’on peut être productif de manière stable pendant plusieurs heures.

Après je ne vis pas dans le monde des bisounours, et je sais qu’il y a aussi cette question incessante autour de la rentabilité. Le temps, c’est de l’argent, c’est un taux horaire, on n’est pas payé à rien foutre…
Alors que dans la réalité, notre énergie est cyclique. Le vide a besoin d’exister lui aussi, pour permettre à la créativité de respirer (s’inspirer). Malheureusement, on optimise chaque minute de notre semaine. On se compare à ceux qui font toujours plus, qui sont visibles (souvent avec une équipe derrière, hein, tu ne vois pas toujours la réalité !)
Observe déjà ton niveau d’énergie et fais le point sur ce que tu as produit.
Et parfois, les périodes qui semblent les moins productives… sont en réalité les plus fertiles.
Alors non, la productivité n’est pas universelle, elle est avant tout personnelle et dépend de ta propre vision. Un travail/une réflexion en cours, c’est de la productivité. Tu n’as pas besoin de cocher, seulement quand c’est terminé. Comme dirait mon amie Sarah quand la tâche te paraît trop énorme : commence par découper l’éléphant.
Le défi créatif de la semaine
Chaque semaine, je vous propose un mini défi pour sortir de la routine et stimuler la créativité.
Cette semaine j’ai envie de remplacer les KPI par… le KPI ! Le KEY PLEASURE INDICATOR ! YEAH ! (pardon, je m’emballe)
Concrètement, pendant quelques jours, au lieu de mesurer ce que tu produis,
mesure plutôt ce que tu ressens quand tu crées.
Après chaque session, pose-toi la question :
Est-ce que ça m’a plu de faire ça ?
Et si tu veux aller plus loin, note :
- ton niveau d’énergie
- ton envie de continuer
- ta sensation de fluidité
L’idée n’est pas de devenir “plus performant”.
Mais de retrouver un indicateur souvent oublié : le plaisir de créer.
La semaine prochaine, j’enregistre la série spéciale Clermont Innovation Week avec des micros-trottoirs sur la thématique de la surprise (si jamais tu me suis ailleurs, j’ai dû t’harceler à ce sujet). Si jamais tu me croises dans les rues de Clermont, n’hésite pas à venir me voir !
